03/02/2026
Le retour médiatique et politique de Donald J. Trump sur la scène internationale, marqué par son investiture en janvier 2025, ne se contente pas de modifier l'organigramme de la Maison-Blanche. Comme le souligne avec justesse le journaliste Alain Foka, nous assistons à la clôture symbolique d'une ère caractérisée par une certaine forme d'hypocrisie consensuelle. Le dirigeant américain a opté pour une approche directe, qualifiée de brutale, qui consiste à aligner le discours public sur les velléités d'expansion et de puissance qui, autrefois, demeuraient tues ou dissimulées derrière l'étiquette diplomatique.
Cette volonté inédite, évoquée par Dominique de Villepin, exprime une affirmation décomplexée de la force. Lorsque sont évoquées des hypothèses d'annexion de territoires tels que le Canada, le Groenland ou le Mexique, il ne s'agit pas de simples déclarations fantasques, mais de la manifestation d'un paradigme où l'intérêt national supplante toute forme de droit international classique. Ce phénomène illustre parfaitement ce que vous trouverez dans notre livre : une modernité qui ne s'encombre plus de masques moraux lorsqu'il s'agit de préserver son hégémonie.
Pour bien comprendre la thèse de notre ouvrage, il convient de définir ce que nous nommons la face visible de la modernité. Elle correspond à l'image que la civilisation occidentale a projetée d'elle-même depuis le XVIIIe siècle. Cette façade repose sur les philosophies des Lumières, lesquelles ont théorisé l'égalité fondamentale de tous les êtres humains, la dignité inaliénable et le rejet des structures rigides de l'Ancien Régime. C'est l'idée d'un progrès moral constant menant à une société de citoyens libres et égaux.
Cette dimension éthique a trouvé son apogée institutionnelle en 1945 avec la création de l'Organisation des Nations Unies, puis en 1948 avec la Déclaration universelle des droits de l'homme. Ces initiatives étaient portées par un sursaut d'humanisme né de l'horreur absolue de la seconde guerre mondiale et du nazisme. Vous y voyez la tentative de bâtir un monde où la règle de droit l'emporte sur la violence arbitraire et où les hiérarchies sociales naturelles sont abolies au profit d'une démocratie universelle. C'est ce récit que nous appelons la modernité lumineuse, celle qui est enseignée et célébrée officiellement.
Au sein de cette face visible, la notion d'égalisation des conditions joue un rôle central. Elle suppose que chaque individu, indépendamment de son origine ou de sa condition sociale, possède les mêmes droits et peut prétendre à un épanouissement personnel. Cette vision s'oppose radicalement aux sociétés de castes, comme le modèle indien traditionnel, où la naissance détermine irrémédiablement le destin d'un homme. La modernité visible se veut la championne de la méritocratie et de la solidarité internationale.
C'est ici que notre analyse devient cruciale : derrière ce décor rassurant opère ce que nous appelons l'autre face de la modernité. Cette réalité est inspirée par une lecture dévoyée de la théorie de l'évolution, le darwinisme social, appliqué aux nations et aux individus. Dans ce système de pensée, la vie sociale et internationale est perçue comme un champ de bataille permanent où seuls les plus forts méritent de survivre et de dominer. C'est le triomphe du capitalisme sauvage et de l'ultralibéralisme le plus radical.
Cette face cachée est intrinsèquement liée à la loi du profit immédiat et au culte de l'avantage stratégique. Dans cet univers, la morale universaliste n'est qu'un obstacle ou un outil de manipulation diplomatique. Ce que le président américain actuel exprime publiquement, d'autres acteurs l'ont pratiqué officieusement pendant des décennies. L'importance de notre livre réside dans la mise en lumière de cette logique implacable qui traite les ressources humaines et naturelles comme de simples variables d'ajustement au service d'une minorité puissante.
Lorsque le pragmatisme brutal remplace la courtoisie diplomatique, les équilibres mondiaux vacillent. L'indifférence à l'égard des idéaux moraux universalistes conduit à une fragmentation du monde en blocs antagonistes. Vous observez alors un retour à une forme de moralisme relativiste, où chaque puissance définit sa propre éthique en fonction de ses besoins expansionnistes. La remise en question des frontières souveraines du Canada ou le mépris des traités commerciaux avec le Mexique ne sont que les symptômes d'une maladie plus profonde : le rejet du contrat social international.
Cette mutation annonce une ère de confrontation directe où la légitimité ne vient plus de l'ONU, mais de la capacité d'une nation à imposer son agenda par la contrainte économique ou militaire. Le concept de droit des peuples s'efface devant celui de la sécurité stratégique et de l'accumulation de capital. Notre livre détaille comment ce basculement s'opère sous nos yeux, transformant la planète en une arène de compétition pure, dépourvue de toute régulation éthique globale.
Un autre point fondamental abordé dans notre ouvrage est la survie clandestine, puis l'affirmation de plus en plus publique des hiérarchies racialistes. Bien que la modernité visible présente le racisme comme une idéologie dépassée et scientifiquement infondée, l'autre face de la modernité continue de s'en nourrir. Le suprémacisme racial, notamment de type blanc, réapparaît comme un argument de cohésion interne pour certaines puissances occidentales cherchant à justifier leur domination sur le reste du monde.
En ne condamnant plus explicitement ces dérives, ou en les utilisant comme leviers électoraux populistes, certains dirigeants valident une vision du monde où l'ethnocentrisme redevient une norme acceptable. Cette dynamique perpétue des pratiques que l'on pensait disparues après 1945, recréant des castes à l'échelle planétaire entre les nations dominantes et celles perçues comme de simples réservoirs de ressources.
En définitive, notre nouveau livre, L'autre face de la modernité, est un appel à regarder la réalité telle qu'elle est, et non telle que nous aimerions qu'elle soit. Nous vivons une période charnière où les piliers de la modernité classique s'effritent sous les coups de boutoir d'un réalisme cynique. En comprenant que la philosophie des Lumières cohabite douloureusement avec un darwinisme social féroce, vous serez mieux armés pour interpréter les soubresauts de l'actualité internationale.
Nous vous encourageons à explorer ce travail de recherche pour ne plus être spectateurs des mutations de notre siècle. La modernité n'est pas un bloc monolithique, mais une dualité constante. Notre ambition est de vous offrir les outils conceptuels pour naviguer dans ce nouveau monde où la force cherche à s'imposer sur le droit. Procurez-vous votre exemplaire dès aujourd'hui pour approfondir ces réflexions essentielles à la compréhension de notre destin commun.
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